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personnes:roger-lamarre

Rédigé par : Jean-Claude

Support technique Eric Pommereau, relecture : Marie Pommereau

Contributrice : Daniele Lamarre - Boniface

Roger Lamarre

Roger nous a quittés sans que nous ayons pu, par notre présence, lui rendre l'hommage qu'il méritait. Cette courte évocation est en quelque sorte une réparation posthume. Il a, en effet, été le fidèle compagnon de toute la famille, dans les bons comme dans les mauvais jours, présent lors des mariages, baptêmes, communions et enterrements.

Roger et la famille Pommereau

Nombre d'entre nous ont du mal à situer le lien qui relie Roger à notre famille. Du reste, la plupart ne s'est jamais posé la question - il était membre de la famille, tout simplement.

Pour expliciter ce lien, il faut savoir que Suzanne avait deux cousines, elle mêmes cousines, Raymonde et Simone Lamotte.

Ci-dessus Simone et Raymonde Lamotte et Suzanne Eck, dans les années trente

Bien avant la Seconde Guerre mondiale, Simone a épousé Roger Lamarre. De cette union est née leur fille Danièle.

Ci-dessus le mariage de Simone et Roger et un portrait de leur fille Danièle

Leur union ne devait pas durer, et Roger s'est remarié donnant paternité à deux autres enfants, Jacques et Jean-François.

Pour autant, Roger est resté en contact étroit avec Pierre et Suzanne ainsi que d'autres membres de notre famille. C'est ainsi que nous sommes nés avec la présence de Roger au sein de notre famille. Mais, comme le souligne sa fille Danièle, les amis véritables ne doivent que peu de choses aux liens familiaux.

Portrait de Roger

Roger, était un personnage pittoresque et singulièrement attachant. Il a toujours mis sa culture et ses connaissances au service de nos parents, lesquels étaient très honorés d'avoir un parent chirurgien-dentiste.

Loin de toute considération mercantile, il a tenu à soigner bien des membres de la famille…

C'était aussi un bricoleur de génie, une sorte de « Géo Trouvetou » avant l'heure. La mécanique ou l'électricité n'avait aucun secret pour lui… On le voit ci-dessous en train de dépanner une voiture sous l'œil de son papa, en 1939.

Toujours vêtu élégamment quelle que soient les circonstances, le fume-cigarette à la bouche, il marquait sa présence dès son arrivée à la maison. J'ai encore en souvenir que nous l'attendions avec impatience une fois par mois, pour aller au « Cinamat » (*). Il venait dîner, parfois avec Danièle et son mari Jacques, puis après le repas nous partions ensemble dans sa 2CV, pour assister à des projections de films.

(*) Le « Cinamat », club de cinéastes amateurs, se tenait à la maison des Arts et Métiers, avenue d'Iéna dans le 16e. La séance débutait à 21h et il était projeté plusieurs courts ou longs métrages réalisés par des amateurs déjà confirmés. Suzanne, qui était elle-même cinéaste amatrice, appréciait beaucoup ces séances, qui la sortait en outre de son environnement habituel. Après chaque projection, l'auteur du film venait expliquer ses prises de vues, le scénario, les effets spéciaux, pour ensuite laisser la place aux questions du public.

Lorsque les parents sont allés se retirer à Ramoulu, Roger a continué de les fréquenter. Il était heureux de passer quelques jours avec eux. Il ne manquait pas de calculer sa consommation d'essence en venant, et se réjouissait des performances économiques de sa Visa Citroën. Roger était un écolo avant l'heure. Lors de ses séjours, il mettait la main à la pâte en rangeant le bois ou en vérifiant telle ou telle connexion électrique dans la maison. Ses conversations étaient toujours intéressantes.

Bref, c'était un ami exquis.

Quelques anecdotes

Ce sont des souvenirs qui ont marqué notre famille ou moi-même et que nous livrons ici à notre descendance…

La facture d'eau

Roger, écolo avant l'heure comme nous l'avons dit, récoltait l'eau de pluie dans une citerne de son pavillon de Taverny (Val d'Oise). Cette eau, sûrement plus pure que celle du robinet, ne coûtait rien et alimentait toute la maison. Or un jour, il dut justifier au service des impôts, le fait qu'il ne consommait pas d'eau. Il a eu toutes les peines du monde à prouver sa bonne foi, le contrôleur mettant en doute ses dires…

La salle d'attente du cabinet dentaire

J'ai en souvenir qu'une fois, étant venu à Taverny pour des soins dentaires, je patientais dans le salle d'attente en compagnie d'autres personnes. Bien entendu, lorsque l'on est dans la salle d'attente d'un dentiste, le stress est présent et il accompagne la douleur présente ou future… Or, pendant ce temps, à l'étage supérieur, monsieur Lamarre père était en train de faire des gammes sur son violon au grand dam des patients en attente de soins !

Monsieur Lamarre père

Roger vivait avec son papa, Paul, ancien directeur du cours complémentaire de Taverny. Ce dernier était, lui aussi un personnage. Il avait ses habitudes solidement ancrées : son heure de violon, sa promenade photographique (il partait avec son trépied accroché au vélo), ses mots croisés et aussi… ses problèmes de math. Souvent, en pleine nuit, il lui arrivait de réveiller Roger en lui disant : « Roger, je n'arrive pas à résoudre ce problème, peux-tu m'aider ? ». Et Roger aidait Papa…

Une radiographie de la mâchoire

Je garde en mémoire que dans les années 70, souffrant d'une rage de dent insupportable, j'ai fait appel à Roger un dimanche matin. Bien qu'en retraite depuis quelque temps, il m'a invité à venir dans l'instant à Taverny. Je suis arrivé aussi vite que possible, le temps de faire le trajet Étampes-Taverny. Et, c'est un Roger en train de bricoler qui m'a accueilli. Il était en charentaises, vêtu d'un tricot de peau quelque peu mité (on aurait pu penser à une décharge de fusil de chasse), mais toujours très « smart », le fume-cigarette en avant et le sourire bienveillant aux lèvres. Après m'avoir examiné, il a décidé de radiographier la dent coupable. Et là, ma surprise a été grande : nous sommes descendus à la cave et, comme il venait de se faire livrer du charbon, nous avons dû escalader le tas de charbon pour avoir accès aux bains révélateurs des radiographies ! Après m'avoir promptement soulagé et soigné, il a tenu à ce que Nadine et moi mangions avec lui, ce que nous avons fait avec plaisir.

C'était ça, Roger !

Nos regrets

Bien tardivement, nous avons appris son décès survenu en janvier 2002. Il est possible que Suzanne ait oublié de nous en parler… Toujours est il que Roger a été enterré sans qu'aucun membre de notre famille ne soit présent… Nous espérons que cette page qui lui est dédiée rattrapera cette injustice et ce manquement.

personnes/roger-lamarre.txt · Dernière modification: 30/11/2017 18:28 par jc