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lieux:boulangerie-cherche-midi-draft

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 La population du quartier était très diversifiée et couvrait toutes les catégories sociales de l'époque. Il n'était pas rare de voir dans la queue formée devant la boulangerie un peintre célèbre en charentaises côtoyer une vendeuse du Bon Marché voisin, suivie d'une actrice de cinéma. La population du quartier était très diversifiée et couvrait toutes les catégories sociales de l'époque. Il n'était pas rare de voir dans la queue formée devant la boulangerie un peintre célèbre en charentaises côtoyer une vendeuse du Bon Marché voisin, suivie d'une actrice de cinéma.
 L'immeuble du 86 de la rue était un exemple frappant de cette mixité. De prime abord, il faisait penser un peu à une cour des miracles. Autrefois, cet endroit s'appelait du reste « la cour des vieilles tuileries ». Le rez-de-chaussée était occupé par des artisans spécialisés dans la restauration des meubles, tandis que les appartements abritaient des familles de toutes conditions mêlant le milieu artistique et ouvrier. Tout ce monde vivait ensemble sans problème particulier et en harmonie. Des immeubles voisins plus cossus abritaient une certaine bourgeoisie, des industriels, des architectes, des familles de la petite noblesse, et aussi des militaires de haut rang à la retraite. L'immeuble du 86 de la rue était un exemple frappant de cette mixité. De prime abord, il faisait penser un peu à une cour des miracles. Autrefois, cet endroit s'appelait du reste « la cour des vieilles tuileries ». Le rez-de-chaussée était occupé par des artisans spécialisés dans la restauration des meubles, tandis que les appartements abritaient des familles de toutes conditions mêlant le milieu artistique et ouvrier. Tout ce monde vivait ensemble sans problème particulier et en harmonie. Des immeubles voisins plus cossus abritaient une certaine bourgeoisie, des industriels, des architectes, des familles de la petite noblesse, et aussi des militaires de haut rang à la retraite.
-Parmi la clientèle de la boulangerie se trouvaient quelques célébrités telles que Alice Sapritch, le prince André de Bourbon Parme, le dessinateur Sempé, le futur comédien Jean-Claude Dreyfus ou la comédienne Marie-Pierre Casey, tout comme Le peintre Édouard Mac-Avoy ou l'architecte JB Maneval.+Parmi la clientèle de la boulangerie se trouvaient quelques célébrités telles que Alice Sapritch, le prince André de Bourbon Parme, le dessinateur Sempé, le futur comédien Jean-Claude Dreyfus ou la comédienne Marie-Pierre Casey, tout comme le peintre Édouard Mac-Avoy ou l'architecte JB Maneval.
  
 ===== La boulangerie ===== ===== La boulangerie =====
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 {{:lieux:boulangerie-cherche-midi-pierre.jpg?direct&400|}}{{ :lieux:boulangerie-cherche-midi-suzanne.jpg?direct&400|}} {{:lieux:boulangerie-cherche-midi-pierre.jpg?direct&400|}}{{ :lieux:boulangerie-cherche-midi-suzanne.jpg?direct&400|}}
  
-La boulangerie occupait tout le rez-de-chaussée de la moitié de l'immeuble. Ce dernier comportait 5 étages sur rue et un second corps de bâtiment, de même taille, en arrière-cour. Se trouvaient au dessus de la boutique deux chambres, l'une au 1er étage et l'autre au second, toutes deux dépourvues de commodités, les toilettes se trouvant au rez-de-chaussée, dans la cour...  +La boulangerie occupait tout le rez-de-chaussée de la moitié de l'immeuble. Ce dernier comportait 5 étages sur rue et un second corps de bâtiment, de même taille, en arrière-cour. Se trouvaient au-dessus de la boutique deux chambres, l'une au 1er étage et l'autre au second, toutes deux dépourvues de commodités, les toilettes se trouvant au rez-de-chaussée, dans la cour...  
-Le commerce se composait de la boutique, suivie d'une arrière-boutique qui possédait une minuscule cuisine. En continuant, on arrivait dans le fournil. le pain était pétri dans un pétrin d'un modèle ancien, de marque Artofex (marque réputée, paraît-il). Le four, pièce maîtresse  du fournil, était traditionnel, la cuisson se faisant sur la pierre. Seule concession à la modernité, le chauffage était assuré par des brûleurs au mazout.  +Le commerce se composait de la boutique, suivie d'une arrière-boutique qui possédait une minuscule cuisine. En continuant, on arrivait dans le fournil. Le pain était pétri dans un pétrin d'un modèle ancien, de marque Artofex (marque réputée, paraît-il). Le four, pièce maîtresse  du fournil, était traditionnel, la cuisson se faisant sur la pierre. Seule concession à la modernité, le chauffage était assuré par des brûleurs au mazout.  
-Il devait être entretenu  régulièrement. Généralement, cette opération se faisait pendant les vacances car elle nécessitait l'arrêt total du four pendant plusieurs jours. Foyer, porte, ouras (ventilations) étaient ouverts pour le refroidissement. Alors seulement, un ouvrier fournier pouvait s'introduire dans le four: sur le ventre pour la sole ou sur le dos pour la chapelle. Dans le four, il ne pouvait pas se retourner. Les travaux terminés, il fallait remettre le four en chauffe progressivement pour « roder » les nouveaux carreaux et que l'ensemble se remette à température, ce qui demandait du temps et un certain savoir-faire...+Il devait être entretenu  régulièrement. Généralement, cette opération se faisait pendant les vacancescar elle nécessitait l'arrêt total du four pendant plusieurs jours. Foyer, porte, ouras (ventilations) étaient ouverts pour le refroidissement. Alors seulement, un ouvrier fournier pouvait s'introduire dans le four: sur le ventre pour la sole ou sur le dos pour la chapelle. Dans le four, il ne pouvait pas se retourner. Les travaux terminés, il fallait remettre le four en chauffe progressivement pour « roder » les nouveaux carreaux et que l'ensemble se remette à température, ce qui demandait du temps et un certain savoir-faire...
    
    
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 =====La pâtisserie===== =====La pâtisserie=====
  
-La pâtisserie se trouvait au dessus du fournil et son accès unique se faisait par un escalier extérieur situé dans la cour. Elle était équipée de deux fours électriques vétustes, d'une batteuse et de compartiments réfrigérés sous le plan de travail en marbre. Un treuil intérieur permettait de descendre les gâteaux et autres croissants au rez-de-chaussée.+La pâtisserie se trouvait au-dessus du fournil et son accès unique se faisait par un escalier extérieur situé dans la cour. Elle était équipée de deux fours électriques vétustes, d'une batteuse et de compartiments réfrigérés sous le plan de travail en marbre. Un treuil intérieur permettait de descendre les gâteaux et autres croissants au rez-de-chaussée.
  
 //Sur la photo figure le pâtissier de l'époque, Fridolin Pracht.// //Sur la photo figure le pâtissier de l'époque, Fridolin Pracht.//
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 Comme expliqué plus haut, les locaux du commerce et de son habitation n'étaient pas du tout adaptés à une vie moderne et  chacun devait s'organiser  pour que le quotidien soit aussi harmonieux que possible, ce qui n'était pas simple. Schématiquement, Pierre s'occupait de la panification avec l'aide d'un brigadier (*), tandis que Suzanne, aidée d'une vendeuse, gérait la vente en boutique et la tenue des comptes. En plus du pain et des gâteaux, la boutique offrait à la vente des bonbons, des chocolats, des biscottes, du miel, et lorsque c'était l'époque, des glaces. Comme expliqué plus haut, les locaux du commerce et de son habitation n'étaient pas du tout adaptés à une vie moderne et  chacun devait s'organiser  pour que le quotidien soit aussi harmonieux que possible, ce qui n'était pas simple. Schématiquement, Pierre s'occupait de la panification avec l'aide d'un brigadier (*), tandis que Suzanne, aidée d'une vendeuse, gérait la vente en boutique et la tenue des comptes. En plus du pain et des gâteaux, la boutique offrait à la vente des bonbons, des chocolats, des biscottes, du miel, et lorsque c'était l'époque, des glaces.
-En plus des journées longues et harassantes, les nuits n'étaient pas aussi réparatrices que souhaitées car il fallait guetter, vers minuit, l'arrivée de l'ouvrier avec la crainte qu'il ne se soit pas réveillé...+En plus des journées longues et harassantes, les nuits n'étaient pas aussi réparatrices que souhaité, car il fallait guetter, vers minuit, l'arrivée de l'ouvrier avec la crainte qu'il ne se soit pas réveillé...
  
  
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 La pâtisserie produisait quotidiennement une centaine de croissants, 40 pains au chocolat, 12 chaussons aux pommes, 20 brioches, 20 pains au lait et bien entendu différents gâteaux comme des babas au rhum, des éclairs, des religieuses, et bien d'autres douceurs, enfin tout ce que l'on peut trouver dans une vitrine de pâtissier. La pâtisserie produisait quotidiennement une centaine de croissants, 40 pains au chocolat, 12 chaussons aux pommes, 20 brioches, 20 pains au lait et bien entendu différents gâteaux comme des babas au rhum, des éclairs, des religieuses, et bien d'autres douceurs, enfin tout ce que l'on peut trouver dans une vitrine de pâtissier.
  
-//Pour mémoire, en 1970, le prix d'une baguette de pain de 250 grammes était de 0,57 francs (ou 0,08 euros), ce qui équivaudrait aujourd'hui (2017) à 5,68 francs (ou 0,86 euros).//+//Pour mémoire, en 1970, le prix d'une baguette de pain de 250 grammes était de 0,57 franc (ou 0,08 euro), ce qui équivaudrait aujourd'hui (2017) à 5,68 francs (ou 0,86 euro).//
  
 Quotidiennement, la boulangerie fournissait en pain le lycée Saint-Nicolas établi 108 rue de Vaugirard et aussi des cafés et restaurants des alentours, de même que des communautés religieuses du quartier. Bien entendu, il fallait bien souvent en assurer la livraison, ce qui représentait une charge de travail supplémentaire. Quotidiennement, la boulangerie fournissait en pain le lycée Saint-Nicolas établi 108 rue de Vaugirard et aussi des cafés et restaurants des alentours, de même que des communautés religieuses du quartier. Bien entendu, il fallait bien souvent en assurer la livraison, ce qui représentait une charge de travail supplémentaire.
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 ===== Le 75 de la rue du Cherche-Midi ===== ===== Le 75 de la rue du Cherche-Midi =====
  
-Les deux bâtiments étaient à l'origine essentiellement à usage locatif. Il y a eu par la suite eu une phase d'accès à la propriété qui a permis à nombre de foyers de pouvoir acheter leur logement. Au total, l'ensemble  des appartements pouvait se chiffrer à une vingtaine. Sur l'arrière du deuxième immeuble, une entreprise d'orfèvrerie « Les émaux d'Igny » côtoyait un petit atelier de couture. Notons que les nouveaux accédants à la propriété qui trouvaient plaisants les odeurs de croissants tôt le matin en tant que locataires, se montrèrent par la suite moins tolérants à l'égard des effluves et du bruit généré par la pâtisserie...+Les deux bâtiments étaient à l'origine essentiellement à usage locatif. Il y a eu par la suite eu une phase d'accès à la propriété qui a permis à nombre de foyers d’acheter leur logement. Au total, l'ensemble  des appartements pouvait se chiffrer à une vingtaine. Sur l'arrière du deuxième immeuble, une entreprise d'orfèvrerie « Les émaux d'Igny » côtoyait un petit atelier de couture. Notons que les nouveaux accédants à la propriété qui trouvaient plaisantes les odeurs de croissants tôt le matin en tant que locataires, se montrèrent par la suite moins tolérants à l'égard des effluves et du bruit généré par la pâtisserie...
  
 La cour, qui permettait l'accès au deuxième édifice, était partagée entre la boulangerie, la loge de la concierge, et la cuisine du restaurant Chataigner. Ce dernier était tenu par les époux Chataigner, Edith et Gustave. L'établissement, qui faisait partie des très bonnes tables de la rive gauche, pouvait accueillir une trentaine de convives tout au plus. L'une des spécialités de la maison était le beurre blanc nantais, une sauce raffinée qui accompagne les poissons, particulièrement brochets et turbots. La cour, qui permettait l'accès au deuxième édifice, était partagée entre la boulangerie, la loge de la concierge, et la cuisine du restaurant Chataigner. Ce dernier était tenu par les époux Chataigner, Edith et Gustave. L'établissement, qui faisait partie des très bonnes tables de la rive gauche, pouvait accueillir une trentaine de convives tout au plus. L'une des spécialités de la maison était le beurre blanc nantais, une sauce raffinée qui accompagne les poissons, particulièrement brochets et turbots.
  
-ci-dessous, quelques vues de la cour, avec Henriette tirant de l'eau et Gustave et Édith s'affairant à nettoyer les abords de la cuisine.+Ci-dessous, quelques vues de la cour, avec Henriette tirant de l'eau et Gustave et Édith s'affairant à nettoyer les abords de la cuisine.
  
 {{:lieux:henriette_gustave.jpg?direct&300|}} {{ :lieux:edith_gustave_chataigner.jpg?direct&300|}} {{:lieux:henriette_gustave.jpg?direct&300|}} {{ :lieux:edith_gustave_chataigner.jpg?direct&300|}}
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 Suzanne, qui était impliquée dans la vie religieuse de Fontenay-sous-Bois, a vite pris ses repères dans{{ :lieux:anciennes_de_la_ligue.jpg?direct&90|}} Suzanne, qui était impliquée dans la vie religieuse de Fontenay-sous-Bois, a vite pris ses repères dans{{ :lieux:anciennes_de_la_ligue.jpg?direct&90|}}
-son nouvel environnement. Elle se rendait régulièrement à la chapelle Notre-Dame de la Médaille miraculeuse au 140, rue du Bac, et assistait aux offices à la chapelle Notre-Dame-des-Angesa au 102, rue de Vaugirard. Pour autant, elle n'avait pas oublié ses anciennes amies de la Ligue de Fontenay, qui venaient régulièrement lui rendre visite. Elles joignaient le prétexte religieux à celui du shopping. Ici, Suzanne est entourée de Madame Baris à gauche et d'une autre amie, en balade devant l'ancienne gare du Montparnasse.+son nouvel environnement. Elle se rendait régulièrement à la chapelle Notre-Dame de la Médaille miraculeuse au 140, rue du Bac, et assistait aux offices à la chapelle Notre-Dame-des-Anges au 102, rue de Vaugirard. Pour autant, elle n'avait pas oublié ses anciennes amies de la Ligue de Fontenay, qui venaient régulièrement lui rendre visite. Elles joignaient le prétexte religieux à celui du shopping. Ici, Suzanne est entourée de Madame Baris à gauche et d'une autre amie, en balade devant l'ancienne gare du Montparnasse.
  
 === Pierre et la sieste === === Pierre et la sieste ===
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 En 1962, Ferdinand devait décéder pendant une laborieuse convalescence qui faisait suite à l'amputation d'une jambe. Durant ces temps difficiles, Henriette et Ferdinand étaient restés à la boulangerie. À l'époque, ni eux, ni Pierre et Suzanne n'étaient affiliés à la sécurité sociale et ce sont donc nos parents qui ont réglé, l'opération et tous les soins périphériques... En 1962, Ferdinand devait décéder pendant une laborieuse convalescence qui faisait suite à l'amputation d'une jambe. Durant ces temps difficiles, Henriette et Ferdinand étaient restés à la boulangerie. À l'époque, ni eux, ni Pierre et Suzanne n'étaient affiliés à la sécurité sociale et ce sont donc nos parents qui ont réglé, l'opération et tous les soins périphériques...
-Or, en 1975, lors du déménagement vers Ramoulu, nous avons découvert, caché derrière un meuble, une notification qui accordait à Ferdinand les soins gratuits au vu de son parcours durant la première guerre mondiale. Nous supposons que Henriette, qui ne voulait pas être reconnue comme « économiquement faible », avait caché le document. Cette dissimulation a coûté une fortune à leurs enfants puisque le montant total des frais engagés s'est élevé à plus de trois millions de francs (1967) soit 45 000 euros.+Or, en 1975, lors du déménagement vers Ramoulu, nous avons découvert, cachée derrière un meuble, une notification qui accordait à Ferdinand les soins gratuits au vu de son parcours durant la Première Guerre mondiale. Nous supposons que Henriette, qui ne voulait pas être reconnue comme « économiquement faible », avait caché le document. Cette dissimulation a coûté une fortune à leurs enfants puisque le montant total des frais engagés s'est élevé à plus de trois millions de francs (1967) soit 45 000 euros.
  
  
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 ===« Sois belle et tais-toi »===  ===« Sois belle et tais-toi »=== 
-{{:lieux:sois_belle....jpg?direct&100 |}}Au 86 de la rue du Cherche-Midi résidait une cliente de la boulangerie que tout le monde appelait « Nini pattes en l'air ». Cette dame, d'un âge respectable et dotée d'un visage plutôt ingrat, était toujours affublée d'un tablier à fleurs. Elle s'exprimait d'une voix éraillée, avec l'accent des faubourgs, comme on disait à l'époque. Or, un jour de 1956, une équipe de cinéastes a débarqué dans la cour en installant un rail de travelling et des projecteurs, et avec eux tout un monde d'artistes et de figurants - bref, c'était un peu la révolution dans la cour. Avisant un technicien, « Nini » demanda ce que l'on tournait comme film et la réponse est tombée net : « Sois belle et tais-toi » ! Elle partit vociférant « Sois belle... sois belle et tais-toi... mais pour qui qui m'prend ? », un peu comme Arletty l'avait fait dans le film Hôtel du Nord, en criant « Atmosphère, atmosphère... ».+{{:lieux:sois_belle....jpg?direct&100 |}}Au 86 de la rue du Cherche-Midi résidait une cliente de la boulangerie que tout le monde appelait « Nini pattes en l'air ». Cette dame, d'un âge respectable et au visage plutôt ingrat, était toujours affublée d'un tablier à fleurs. Elle s'exprimait d'une voix éraillée, avec l'accent des faubourgs, comme on disait à l'époque. Or, un jour de 1956, une équipe de cinéastes a débarqué dans la cour en installant un rail de travelling et des projecteurs, et avec eux tout un monde d'artistes et de figurants - bref, c'était un peu la révolution dans la cour. Avisant un technicien, « Nini » demanda ce que l'on tournait comme film et la réponse est tombée net : « Sois belle et tais-toi » ! Elle partit vociférant « Sois belle... sois belle et tais-toi... mais pour qui qui m'prend ? », un peu comme Arletty l'avait fait dans le film Hôtel du Nord, en criant « Atmosphère, atmosphère... ».
  
  
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 ===On a volé le poisson de Gustave !=== ===On a volé le poisson de Gustave !===
  
-{{:lieux:1e_chaine.jpg?direct&130 |}}Notre voisin, le restaurateur Gustave Chataigner, avait été choisi pour présenter une recette lors d'une émission culinaire. Ce devait sans doute être la seule émission du genre car à l'époque il n'y avait qu'une chaîne de télévision qui émettait en noir et blanc. Pour ce faire, il avait préparé un poisson, comme on peut l'imaginer, avec amour et passion. Le poisson, sans doute trop encombrant pour rester dans la cuisine du restaurant, avait été déposé dans la cour, sous un linge de protection. Au moment de partir aux studios de la rue Cognacq-Jay, le taxi attendant, le poisson était introuvable ! Force était de constater qu'il avait été volé...+{{:lieux:1e_chaine.jpg?direct&130 |}}Notre voisin, le restaurateur Gustave Chataigner, avait été choisi pour présenter une recette lors d'une émission culinaire. Ce devait sans doute être la seule émission du genrecar à l'époque il n'y avait qu'une chaîne de télévision qui émettait en noir et blanc. Pour ce faire, il avait préparé un poisson, comme on peut l'imaginer, avec amour et passion. Le poisson, sans doute trop encombrant pour rester dans la cuisine du restaurant, avait été déposé dans la cour, sous un linge de protection. Au moment de partir aux studios de la rue Cognacq-Jay, le taxi attendant, le poisson était introuvable ! Force était de constater qu'il avait été volé...
 Ce fut une véritable tragédie pour Gustave qui, si nos souvenirs sont bons, avait tout de même participé à l'émission. Ce fut une véritable tragédie pour Gustave qui, si nos souvenirs sont bons, avait tout de même participé à l'émission.
  
lieux/boulangerie-cherche-midi-draft.1510406878.txt.gz · Dernière modification: 27/12/2019 10:29 (modification externe)