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persones:pierre:guerre

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-====== GUERRE ET DROLE DE GUERRE ====== 
  
-Papa était affecté au 31ème Régiment d'Infanterie d'Orléans, à la C.H.R (Compagnie hors Rang) comme maréchal-ferrant, son premier métier. Il avait le grade de Caporal. 
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-===== CAPTURE EN 1940 ===== 
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-Un courrier posté par une personne charitable de Venarey les Laumes (Cote d'Or), a appris à Suzanne que son mari avait été capturé et était « en bonne santé » dans un camp de prisonniers du côté de Dijon.  (voir photo du courrier) 
-De fait, Pierre Pommereau a été fait prisonnier, très certainement le 17 juin, au Val Suzon (Côte d'Or), puis transféré dans le « Frontstalag » de Dijon avant son départ pour l'Allemagne. 
-Les soldats allemands qui l'ont capturé se déplaçaient sur des side-cars avec rapidité et aisance, ce qui tranchait avec les convois hippomobiles de nos soldats. Papa se souvenait que l'un des Allemands sautant de sa moto,  avait pris le casque « Adrian » d'un soldat français pour le  transpercer d'un coup de baïonnette devant tout le monde, afin de démontrer la supériorité teutonne et la piètre qualité de nos équipements. 
- Nous n'avons pas de détail particulier sur le voyage vers l'Allemagne si ce n'est que le train est passé par Colmar, fraîchement repeint en «  Kolmar ». 
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-===== STALAG VIA Hemer & Hagen (Westphalie) ===== 
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-Pierre POMMEREAU est enregistré sous le numéro **31.358**  
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-1940:   Camp de Hemer, puis Lemgo où il Travaille dans une scierie « Arbeits Kommando 206 », ensuite dans une fabrique de meubles. La vie au camp de Hemer était dure et le départ en Kommando a été vécu comme un soulagement. 
-1942 : Hagen « Arbeits Kommando  554 » : Usine Schmiedag AG 
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-===== STALAG VI D Hagen (10/12/1942) ===== 
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-1943 : Hagen « Arbeits Kommado 2305 » :  Usine Schmiedag AG. 
-Prisonnier « transformé » en août 1943 tout en restant dans la même structure administrative (AK 2305) 
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-A Hagen, Pierre Pommereau a été employé à l'usine Schmiedag AG comme ouvrier sur machine outil, alors que dans le civil il était artisan boulanger ! Dans cette usine étaient fabriqués, entre autres, des ponts arrière de chars et des freins de bouche de canon (souvenirs de Papa), ce qui était contraire aux dispositions de la Convention de Genève. 
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-===== L'usine Schmiedag de Hagen (Arbeits kommando n° 554 puis  n° 2305) ===== 
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-http://www1.historisches-centrum.de/zwangsarbeit/s-5.html 
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-Les usines de Schmiedag AG, situées à Hagen, ont été construites en 1928. Elles appartenaient alors, à l'instar de Vereinigten Stahlwerke AG, à la multinationale Hoesch, basée à Dortmund. Au cours des premières années de l'après-guerre, le gouvernement militaire des alliés a organisé le démontage partiel de certaines unités de fabrication, notamment de machines destinées à produire des bombes . L'usine a été rebaptisée Rothe Erde-Schmiedag AG en 1968. 
-Pendant la seconde Guerre Mondiale, les trois usines de Hagen fabriquaient en masse différents matériels d'armement. L'usine d'emboutissage Lange produisait entre autres des blindages pour chars, utilisés dans les aciéries locales Harkort & Eicken pour la production de carrosseries et de protections. L'usine Grüntal fabriquait principalement des freins de bouche de canon pour les tanks, de l'artillerie lourde ainsi que des canons anti-char. Fin 1943/début 1944, dans le cadre de la protection antiaérienne, cette activité a été partiellement transférée vers l'usine de fabrication d'aimants Kuhbier, à Hagen-Rummenohl. Schmiedag AG fabriquait en outre des étuis d'obus et également des corps de bombes de gros calibre. 
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-(Traduction faite par Marie McGuirk- Pommereau, petite fille de Pierre) 
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-A Hagen, d'autres usines et sociétés employaient également des prisonniers.....(voir le lien ci-dessous) 
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-http://www1.historisches-centrum.de/zwangsarbeit/eckesey.html#top 
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-===== Lieux de détention ===== 
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-Trois adresses de lieu de détention ont pu être identifiées avec certitude : 
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-**A Lemgo** :     
-  * Wilhelm Schäfer, Laubke (*) b (bei) Lemgo. Sauernfeldweg 309.  
-  * Un autre nom apparaît : Monsieur Wilmsmeier, et une mention : Lemgo 4/10/41..  
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-(*)Aujourd'hui Laubke fait partie intégrante de Lemgo, en revanche il semblerait que le n° 309 du Sauernfeldweg n'existe plus.   
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-**A Hagen** :  
-  * « Gemeinschaftlager » Fürparkstraße – Hagen Eckesey  
-  * Grüntaler Weg Hagen Eckesey. 
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-Une carte lettre de la fin de la guerre mentionne : ****Wachabschnitt (1) b (bei) Wetter(2) Ruhr. Herdeckerstraße 8 . ****Cette mention écrite dans un coin de la carte ne correspond pas à l'écriture de papa. 
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-(1) Wachabschitt s'apparente à un secteur de défense militaire. 
-(2) Wetter se trouve près de Hagen, en revanche Herdeckerstraße est une rue de Hagen. 
-.** 
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- =====  Anecdotes :===== 
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- (Ce sont des souvenirs des récits de Pierre) 
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-===== Guerre Psychologique ===== 
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-Vers le milieu de la guerre, on assistait à  ce paradoxe : les prisonniers, avec leurs colis, arrivaient  à avoir plus de friandises, que les allemands eux mêmes. Ainsi, en quittant le dortoir le matin mon père et ses camarades laissaient ostensiblement traîner sur la table une tablette de chocolat Suchard, le lendemain une autre de la marque Meunier, puis Tobler et ainsi de suite tout au long de la semaine dans le but évident de susciter l'envie et l'amertume en touchant le moral des gardiens. Les semaines suivantes l'opération se renouvelait avec des boites de sardines ou de pâté, chaque jour de marque et de taille différentes. 
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-Il arrivait parfois que, miraculeusement, dans un colis, l'un des PG reçoive du café. Le seul endroit ou l'on pouvait le torréfier, c'était l'usine. Le grand plaisir était de voir les allemands renifler dans tous les sens pour localiser les précieuses graines dont ils n'avaient pas oublier l'arôme, la saveur, et le goût, bien que depuis le début de la guerre ils  ne consommaient qu'une sorte d'ersatz remplaçant le café. 
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-De temps à autres, lors de l'arrivée matinale dans l'atelier, sur un signe convenu, les « ouvriers » mettaient en route, tous en même temps leur machine outil. Le départ simultané de toutes les machines avait pour conséquence de faire disjoncter le courant.  Et, le temps que la panne soit trouvée, les PG se croisaient les bras en prenant un air catastrophé à l'instar des allemands chargés de l'encadrement. Mais au bout de quelques temps, la manœuvre a été éventée et les « pannes » ont du cesser au risque de représailles.... 
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-===== Drames de la guerre ===== 
-Sur la fin de la guerre, les bombardements alliés se sont intensifiés en nombre et en puissance, en particulier sur la Ruhr. Lors d'un violent bombardement sur Hagen et sa région,  les PG s'étaient réfugiés dans un abri qui leur était dédié (Luftschutz-Bunker). A la fin de l'alerte lors de la sortie à l'air libre ils ont fait une découverte particulièrement poignante. En effet, il y avait dans une rue de nombreux corps d'enfants d'une école. Ils avaient été soufflés par une explosion. Ils se tenaient encore la par la main. Les  PG présents ont aidé spontanément  les sauveteurs dans leur tâche macabre. 
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-Lorsque les Italiens ont changé de camps, ils  se sont retrouvés à leur tour prisonniers. A l'époque, notre père avait « fait sa place » dans un baraquement avec ses autres camarades PG. Or un jour, les allemands ont décidé de « transférer » les Français dans un autre lieu de résidence pour y loger à leur place des Italiens. Les Français étaient très « remontés » contre les italiens qui les avaient dépossédé malgré eux de leur cantonnement assez bien aménagé. Peu après, lors d'un raid nocturne des Alliés, le bâtiment a été détruit causant de nombreux morts parmi les transalpins. (Voir lien ci-dessous) 
-http://www1.historisches-centrum.de/zwangsarbeit/edition/441202-liste1.html 
-http://www1.historisches-centrum.de/zwangsarbeit/edition/441204-4ls.html 
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-===== Anecdote amusante : ===== 
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-Un camarade de Papa était surnommé par tout le monde «Thérèse». 
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-Raymond avait brodé sur son calot le nom de celle qui allait être sa femme plus tard (voir photo), lorsque la guerre aura pris fin. Or, le jour d'un bombardement particulièrement violent, ce camarade s'est aperçu qu'il avait oublié dans la précipitation du "Flugalarm", le portrait de sa dulcinée dans le baraquement. Il a donc quitté l'abri, durant l'alerte, pour aller récupérer le cadre avec la photo de Thérèse qui le suivait toujours dans le «  Luftschutz-Bunker ». 
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-===== Libération : (Fin avril 1945) ===== 
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-Le matin de la Libération de Hagen, Papa était, avec ses camarades, dans la cour de l'usine et, l'un des  soldat-gardiens qu'il connaissait prénommé Hermann (papa disait "Mon Boche"), est arrivé casqué, avec son fusil en bandoulière. Il marchait d'un pas pesant guidant un chariot tiré par un cheval fatigué. Il a dit à mon père en Allemand « Pierre, c'est foutu pour nous » « Aide moi à monter » (c'était un homme âgé) et joignant le geste à la parole, il a donné son fusil à papa pendant qu'il essayait de grimper difficilement sur l'attelage.  Il a quitté les lieux presque à regrets espérant survivre à l'arrivée des Américains. Cette scène suréaliste de se voir tenant l'arme de son geôlier lui est resté gravé en mémoire. 
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-Une  autre chose qui a marqué notre père, et sans doute ses camarades : Peu après le départ définitif des Allemands, les fantassins américains, appuyés par des blindés, sont arrivés et repartis presque aussitôt laissant quelques soldats près de l'usine Schmiedag. Quelques temps après, un camion magasin US est arrivé devant l'usine, et l'Américain qui le pilotait a relevé les cotés du véhicule et s'est préparé à vendre aux G.I. Les PG avaient les yeux écarquillés en voyant cette débauche de marchandises. Dans le camion se trouvaient en effet à profusion, du tabac, des stylos, du chewing-gum, du chocolat, des biscuits et aussi......des bas de femme ! 
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-===== Retour en France ===== 
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-Le retour en France qui devait s'effectuer initialement en avion, s'est déroulé en camion puis en train à travers la Belgique. Papa est toujours resté étonné et admiratif du travail des cheminots belges épaulés par du matériel américain. Le train avançait au fur et à mesure de la  réparation des voies. Le train a même traversé une ville entière en Belgique sur une voie provisoire. 
-Pierre Pommereau, après être passé par l'hôtel Lutétia à Paris comme beaucoup de prisonniers, a retrouvé sa famille à Fontenay Sous Bois le 1er mai 1945. Et ce jour là, il neigeait ! Son arrivée avait été annoncée par un télégramme (voir photo). 
-Au total, papa aura passé 5 ans en Allemagne et une année en temps que soldat durant la « drôle de guerre ». 
-Jusqu'au bout, il a  gardé contact avec ses camarades de captivité. (voir photo) 
-Par ailleurs, il n'a jamais manifesté la moindre animosité à l'encontre des Allemands qu'il a pu croiser ça et là. Mes enfants et moi même avons des amis Allemands pour qui il a  toujours su réserver un accueil chaleureux et trouver le compliment qui allait bien.**** 
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-**Quelques noms de compagnons d'infortune de P.P. (Info Michel) 
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-  * FOURNIER René, employé de banque, Vincennes (94) 
-  * DALIDET Raymond, SNCF, Rambouillet (78) 
-  * FREREBEAU ou FREREBAUD, épicier, Maisons Alfort (94) 
-  * FOUQUÉ Zacharie, Cultivateur, Sainte Gauburge (Orne) 
-  * VOITURIER Joannès, Cultivateur, Chazey sur Ain (Ain)   **KG nr 3.0004** 
-  * SUAUD ou SUAU Paul, Marinier, Port Saint Louis du Rhône (13) 
-  * TOUGERON, Cultivateur, Marais vendéen. 
-  * JOUSSEAUME, DCD peu après son retour, Région Parisienne 
-  * PERIER ou PERRIER, employé Peugeot à Sochaux (Doubs) 
-  * RICAUD Alexis, employé dans une entreprise de transport, Carentoir (Morbihan) 
-  * GRANDY Julien, enseignant (?), Bourg en Bresse (Ain). 
-  * BRARD prénom, profession et adresse ignorés. 
-  * CHARLES René, originaire de Morez (Jura). 
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