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personnes:pierre:guerre [23/11/2017 07:46] jc [Liens avec la famille :] |
personnes:pierre:guerre [27/12/2019 11:25] (Version actuelle) |
| ====== GUERRE ET DROLE DE GUERRE ====== | ====== Guerre et drôle de guerre ====== |
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| Rédigé par [[personnes:jc:bio|Jean-Claude Pommereau]] | Rédigé par [[personnes:jc:bio|Jean-Claude Pommereau]] |
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| ===== L'usine Schmiedag de Hagen (Arbeits kommando n° 554 puis n° 2305) ===== | ===== L'usine Schmiedag de Hagen (Arbeitskommando n° 554 puis n° 2305) ===== |
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| Seul le courrier permettait de garder un lien avec la famille et avec le Pays. Le nombre de lettres et de colis était contingenté et une réglementation drastique énumérait les choses qui étaient interdites de faire parvenir aux prisonniers.. Comme pour toute personne privée de liberté, la remise et la lecture du courrier étaient un moment capital que chacun vivait à sa façon, soit en partageant les nouvelles ou en s'isolant.....Le courrier étant soumis à la censure, papa ne pouvait qu'échanger des banalités avec la famille. Les lettres devaient être rédigées au crayon papier sur des enveloppes dédiées qui ne laissaient que peu de place à l'écriture. | Seul le courrier permettait de garder un lien avec la famille et avec le Pays. Le nombre de lettres et de colis était contingenté et une réglementation drastique énumérait les choses qui étaient interdites de faire parvenir aux prisonniers.. Comme pour toute personne privée de liberté, la remise et la lecture du courrier étaient un moment capital que chacun vivait à sa façon, soit en partageant les nouvelles ou en s'isolant.....Le courrier étant soumis à la censure, papa ne pouvait qu'échanger des banalités avec la famille. Les lettres devaient être rédigées au crayon papier sur des enveloppes dédiées qui ne laissaient que peu de place à l'écriture. |
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| Un camarade de Papa était surnommé par tout le monde «Thérèse». | Un camarade de Papa était surnommé par tout le monde «Thérèse». |
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| Raymond avait brodé sur son calot le nom de celle qui allait être sa femme plus tard , lorsque la guerre aura pris fin. Or, le jour d'un bombardement particulièrement violent, ce camarade s'est aperçu qu'il avait oublié dans la précipitation du "Fliegeralarm", le portrait de sa dulcinée dans le baraquement. Il a donc quitté l'abri, durant l'alerte, pour aller récupérer le cadre avec la photo de Thérèse qui le suivait toujours dans le « Luftschutz-Bunker ». | Raymond Dalidet avait brodé sur son calot le nom de celle qui allait être sa femme plus tard , lorsque la guerre aura pris fin. Or, le jour d'un bombardement particulièrement violent, ce camarade s'est aperçu qu'il avait oublié dans la précipitation du <<Fliegeralarm>>, le portrait de sa dulcinée dans le baraquement. Il a donc quitté l'abri, durant l'alerte, pour aller récupérer le cadre avec la photo de Thérèse qui le suivait toujours dans le « Luftschutz-Bunker ». |
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| //Ci-dessous Raymond et Thérèse le jour de leur mariage, après la guerre// | //Ci-dessous Raymond et Thérèse Dalidet le jour de leur mariage, après la guerre// |
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| ===== Temps libre ===== | ===== Temps libre ===== |
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| Lorsque le prisonnier n'était pas au travail, il devait occuper son temps au mieux pour ne pas trop "gamberger". Bien sûr pour tuer le temps, il y avait les parties de cartes mais pas seulement....dans le Kommando de Papa se trouvaient aussi des enseignants, ou des érudits. Ces camarades organisaient des groupes de discussion ou des sortes de conférence qui permettaient de se cultiver un peu. Ainsi, des cours d'Allemand ont été dispensés pour faciliter cette vie en Allemagne. La Messe et les matchs de foot entre prisonniers occupaient le répit du dimanche. Au cours des rencontres, lorsque le goal arrêtait un tir menaçant, les PG criaient en coeur "vive le goal, vive de Gaulle". Lors de la fête de Noël, moments particulièrement difficiles, des spectacles montés par les Prisonniers égaillaient cette période. Ainsi, des orchestres se formaient à l'instar "des Déracinés de l'Arbeitskommando 554" pour donner une animation musicale. | Lorsque le prisonnier n'était pas au travail, il devait occuper son temps au mieux pour ne pas trop <<gamberger>>. Bien sûr pour tuer le temps, il y avait les parties de cartes mais pas seulement....dans le Kommando de Papa se trouvaient aussi des enseignants, ou des érudits. Ces camarades organisaient des groupes de discussion ou des sortes de conférence qui permettaient de se cultiver un peu. Ainsi, des cours d'Allemand ont été dispensés pour faciliter cette vie en Allemagne. La Messe et les matchs de foot entre prisonniers occupaient le répit du dimanche. Au cours des rencontres, lorsque le goal arrêtait un tir menaçant, les PG criaient en coeur <<vive le goal, vive de Gaulle>>. Lors de la fête de Noël, moments particulièrement difficiles, des spectacles montés par les Prisonniers égaillaient cette période. Ainsi, des orchestres se formaient à l'instar <<des Déracinés de l'Arbeitskommando 554>> pour donner une animation musicale. |
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| //Ci-dessous le carnet de vocabulaire de Pierre et à droite l'orchestre <<les Déracinés>>// | //Ci-dessous le carnet de vocabulaire de Pierre et à droite l'orchestre <<les Déracinés>>// |
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| | //Ci-dessous les équipes de football A & B de l'Arbeitskommando 2305 (Photos aimablement communiquées par Gisèle Voiturier) // |
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| Le matin de la Libération de Hagen, Papa était, avec ses camarades, dans la cour de l'usine et, l'un des soldat-gardiens qu'il connaissait prénommé Hermann (Papa disait "Mon Boche"), est arrivé casqué, avec son fusil en bandoulière. Il marchait d'un pas pesant guidant un chariot tiré par un cheval fatigué. Il a dit à mon père en Allemand « Pierre, c'est foutu pour nous » « Aide moi à monter » (c'était un homme âgé) et joignant le geste à la parole, il a donné son fusil à papa pendant qu'il essayait de grimper difficilement sur l'attelage. Il a quitté les lieux presque à regrets espérant survivre à l'arrivée des Américains. Cette scène surréaliste de se voir tenant l'arme de son geôlier lui est resté gravé en mémoire. | Le matin de la Libération de Hagen, Papa était, avec ses camarades, dans la cour de l'usine et, l'un des soldat-gardiens qu'il connaissait prénommé Hermann (Papa disait <<Mon Boche>>), est arrivé casqué, avec son fusil en bandoulière. Il marchait d'un pas pesant guidant un chariot tiré par un cheval fatigué. Il a dit à mon père en Allemand « Pierre, c'est foutu pour nous » « Aide moi à monter » (c'était un homme âgé) et joignant le geste à la parole, il a donné son fusil à papa pendant qu'il essayait de grimper difficilement sur l'attelage. Il a quitté les lieux presque à regrets espérant survivre à l'arrivée des Américains. Cette scène surréaliste de se voir tenant l'arme de son geôlier lui est resté gravé en mémoire. |
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| Une autre chose qui a marqué notre père, et sans doute ses camarades : Peu après le départ définitif des Allemands, les fantassins américains, appuyés par des blindés, sont arrivés et repartis presque aussitôt laissant quelques soldats près de l'usine Schmiedag. Peu après, un camion magasin US est arrivé devant l'usine, et l'Américain qui le pilotait a relevé les cotés du véhicule et s'est préparé à vendre aux G.I. Les PG avaient les yeux écarquillés en voyant cette débauche de marchandises. Dans le camion se trouvaient en effet à profusion, du tabac, des stylos, du chewing-gum, du chocolat, des biscuits et aussi......des bas de femme ! | Une autre chose qui a marqué notre père, et sans doute ses camarades : Peu après le départ définitif des Allemands, les fantassins américains, appuyés par des blindés, sont arrivés et repartis presque aussitôt laissant quelques soldats près de l'usine Schmiedag. Peu après, un camion magasin US est arrivé devant l'usine, et l'Américain qui le pilotait a relevé les cotés du véhicule et s'est préparé à vendre aux G.I. Les PG avaient les yeux écarquillés en voyant cette débauche de marchandises. Dans le camion se trouvaient en effet à profusion, du tabac, des stylos, du chewing-gum, du chocolat, des biscuits et aussi......des bas de femme ! |